L'enclos du mot : Genèse d'une maison de fil.

J'ai beaucoup de petites choses dans mon atelier. Trouvées, achetées, offertes, collectionnées ou créées. Elles habitent tiroirs, boîtes et murs. Elles m'accompagnent. Je leur porte attention. Pour chacune d'elles, je ressens une sorte de besoin de bienveillance qui ressemble à un soin. Il y a une forme d'empreintes comme des mémoires inspirées qui surgissent. Sans en avoir réellement conscience, leur humilité, leur sans importance me fascine. Cette affection nous lie et les idées créatrices naissent. C'est à la fois vague et précieux.

J'invente un langage sans mots à partir de leur forme, leur couleur, leur texture. À les observer, les unir, les manipuler et les poétiser, un projet de création se développe. Des fils métalliques deviennent des clôtures, des barbelés des cages. Des cheveux deviennent souvenirs, mémoire, histoires intimes. Une torsade de fils métalliques et de cheveux pourrait prendre la forme d'une maison. La maison est un enclos. Une maison se crée, faible comme celle de mon enfance, celle qu'un enfant dessine et fragile comme celle que j'habite. Une maison-cheveux, une maison-cheveux fil rouge, une maison-cheveux-fil-rouge qui retient un mot. Une maison qui habite le mot est.

Une œuvre dont le titre est Est s'est réalisée.

Un projet apparaît : c'est la série CONSTELLATIONS.

Marie-France Cournoyer. HNE. Fil métallique, cheveux, papier, encre et fil.


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